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" Le vingtième
siécle a été celui de la torture et de la lourdeur
( Louis Ferdinant Céline ). "
Après tous les idéaux qui avaient pour but de rendre le monde meilleur, que reste-t-il: Les débris de civilisations de consommation, avec comme seule espérance, le néant. |
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Que sortira-t-il de ce néant
?
Vous trouverez sur cette page un recueil de nouvelles, sur le pire des mondes ! celui que nous suivons en " live ", jour après jour. Rassurez vous, je parle du pire des mondes, mais il ne s'agit pas des existences individuelles qui elles, ne font que suivrent à contre-coeur ce mouvement en soit sans intérêt et dicté par on se sait même plus qui ou quoi. Il faut encore le dire, le pire des mondes n'intéresse personne, il s'entretient et se maintient tout seul, un peu comme un ouragan, on se sait pas d'où il est venu et où il va, il ne fait qu'aspirer les gens sur son passage et les rejeter plus loin. Le but du jeu est de l'identifier et autant que possible de l'éviter, comme on passerait loin d'un mauvais ami. Toujours est-il que ce pire des mondes, cette machine folle incontrôlée, nous à tous avalés, et cela à travers ce que ses mauvais représentants proclament: " le monde moderne " , et son unique perspective, la mondialisation. Après une indigestion pentagruélique, dont les flatulences laissent déjà entendre quelques sourds gémissements, nous ne tarderons pas à être tous recrachés, vomis, où ? comment ? Là est le thème de ce recueil de nouvelles ! |
Ce recueil est écrit en
trois mouvements, avec sa thèse, son anti-thèse et sa synthèse.
Comme disait le cinéaste Godart, un film doit contenir trois partis,
le début, le milieu, la fin , mais on est pas obligé de
commencer par le début: Nous commencerons par l'antithèse.
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L'anti-thèse: "
les cités de lumières "
Voici en première partie quatre nouvelles, avec comme thème central
"les cités de lumière", une métaphore bien sûr...
sur le pire des mondes !
En bref, existerait-il une once d'espoir et de lumière dans nos cités
et plus largement pour nos civilisations.
| Je venais d'avoir mes dix huit ans depuis peu. Des préférences pour un travail, je n'en avais pas .Laver des assiettes dans un restaurant, éplucher des pommes de terres, taper sur le clavier d’ordinateur, faire le beau dans un magasin, peu m'importait. J'aurais même eu un léger penchant pour un travail un peu farfelu dont le libellé dans un journal de petites annonces aurait été par exemple " cherche bon à rien pour travail dur mais très bien rémunéré". Quelle ne fut donc pas ma surprise quand par un beau matin, ouvrant la feuille de choux à la page des petites annonces, je trouvais l'encart décrit comme suit: " cherche personne pour gérer un océan, durée du travail 10 jours, salaire: 1 million de francs". Je souris gentiment en imaginant la tête de l'énergumène qui avait écrit ces phrases. Dans l'ennui de mes journée sans saveur, la tentation me prit d'appeler au numéro indiqué. Une voix charmante me reçut d’une voix à faire chavirer les sens, sous le charme de laquelle on se laisserait dorloter des heures durant. La réponse était claire: Monsieur le président en personne passerait me chercher, une heure plus tard, au bas de mon immeuble. J'eus à peine le temps de me faire une beauté, de me coiffer à peu près correctement avec le peigne que je ne trouvais pas. Le rasage n'allait guère mieux, je me coupais le bord de la lèvre, ça n'arrêtait pas de saigner et j'avais déjà sali ma plus belle chemise. Il ne me restait plus qu'à mettre la blanche, celle avec un trou sous le bras, ou il me faudrait faire mille arabesques pour ne pas que cela se voit. Je descendais cinq minutes avant l'heure indiquée. J'allumais une cigarette, je m'occupais un peu en attendant Monsieur le président. Je ne la vis même pas arriver tant elle était silencieuse. De la voiture je parle. Dans les premiers instants, ma surprise fut telle que je ne réagis même pas, l'effroi m'étreignit après lorsque je fus sûr que je n’étais pas en train de rêver. Devant moi s'était arrêtée une Rolls Royce. La couleur ne prêtait pas à confusion: toute la carrosserie était en or massif. |
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La seconde nouvelle a pour nom " La chute de la maison Huchaire
", après l'héritage, les temps présent.
| Avez- vous entendu parler de ces gars et de ces filles qui ont pour vice de se couper les veines, juste histoire de se faire pisser le sang ? On appelle ça les « cutters « l’outil à trancher. Il va de soi que tout se passe dans l’intimité et la discrétion. On opère en général dans des toilettes avec lavabo, pour se nettoyer, c’est plus pratique. Se faire pisser le sang c’est bien mais faut quand même rester clean, alors on se saigne, on nettoie, on met un joli petit pansement et on retourne à ses activités. Et bien moi, j’en suis un de ces cutters. Les crises me prennent en moyenne une fois par semaine. Elles surviennent soudainement, un coup de sang sans vouloir faire de jeu de mot. C’est comme une envie de baiser, ça te prend, et il faut assouvir le besoin, tout de suite. Dans ces cas -là, je m’éclipse discrètement pour la première chiotte. Je sors ma petite boîte en nacre ou repose ma lame de rasoir fétiche, je relève la manche et me fait une bonne saignée. L’intérêt de la lame de rasoir, c’est qu’elle tranche bien, net, la douleur est fulgurante sans durer trop longtemps tout de même .Je sers alors le poignée pour que le sang sorte mieux. C’est jouissif je dois le dire, une jouissance un peu morbide d’accord mais une jouissance quand même. Dès que je me sens vidé, un peu dépressif, hop, un petit coup de lame et tout reprend son cours. Je bosse chez Huchaire and CO, une compagnie spécialisée dans le commerce de mines antipersonnel. Notre compagnie se trouve au cent cinquième étage d’une des deux tours du World Trade Center. |
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Bien sur, ce qui nous intéresse le plus, l'avenir ,et l'espérance,
avec cette troisème nouvelle " Les rats ".
| Il y eut ce soir là dans le PWL ( Perfect world of light ) un gigantesque Bog , une erreur à l'échelle mondiale dont les conséquences seraient irréversibles. Cela se traduisit par un cauchemar collectif. Tous, toutes cette nuit firent le même rêve: Une porte s'ouvre et des rats innombrables déferlent pour envahir le monde. Je me réveille de bon matin. Non pas d'un sommeil qui dure quelques heures, mais d'un siècle, voire deux ou trois. Une douleur rayonne dans ma tempe gauche. Je frotte de mon doigt l'endroit douloureux et sens comme une pièce de métal, là, incrustée dans ma tête. Intrigué, je me rends devant un miroir. C'est bien un disque de métal, parfaitement lisse, incrusté dans la chair de mon crâne. Cela me cause un léger bourdonnement, ce que je trouve fort désagréable. Je décide de faire quelques pas dehors. Des gens, glissent gentiment sur d’immenses surfaces de cristal. Ils ne marchent pas, ils glissent, comme transportés par quelques mouvements de lévitations. Personne ne fait attention à personne, chacun vaque à ses occupations comme pris dans son propre rêve. Je m'approche de l'un deux, mais toujours aucune réaction. Vexé, intrigué, j'attrape le plus proche par le bras. Il me regarde d'un air effaré et commence à émettre quelques gémissements .Il ne parle pas, cela ressemble aux gloussements que lancent les sourds lorsqu'ils essayent de s'exprimer. Je me rends compte que je lui fais peur, le relâche et il part, d'un pas titubant comme s’il n’a pas l’habitude de marcher. Je le vois ensuite reprendre sa glissade |
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Toujours dans le même thème, nouvelle inclassable, transition entre
l'antithèse et la thèse," Le livre de Satan ".
| Je fîs cette nuit un rêve étrange. La grosse limousine stoppa devant une espèce de cabane en tôle. L’air était brûlant, il devait être midi et le soleil était à mi-chemin de sa trajectoire diurne. La vapeur sortait de terre et laissait cette impression de flou dans le paysage avoisinant. Une espèce de bruissement emplissait l’air, comme une vibration. Un colosse sortit de la voiture, un personnage des vieux films américains : grand, costaud, habillé d’un costume bien coupé dans les tons foncés, le cheveu peigné, la mâchoire proéminente qui donne ce sourire un peu carnassier. Il ouvrit la tôle qui faisait office de porte. Le sol était jonché de billets de banque. Allez savoir pourquoi, gisaient aussi les cadavres d’une vache, d’un âne et de quelques moutons, la panse ouverte, les boyaux se répandant eux-aussi sur le sol. Un coffre béant laissait entrevoir des sacs de poudre blanche, de la drogue sûrement. Au son du gémissement, le colosse agita la tête. Un crucifié se tenait là en croix, les bras attachés aux poutres métalliques de la cabane. Le géant s’approcha de lui, et de son plus beau sourire lui demanda : « alors, c’est qui le maître ? «. Le crucifié ne semblait pas comprendre. Le géant attendit quelques instants et reformula sa demande « le maître, c’est qui ? «. L’autre ne réagissait pas, sa position commençait à l’étouffer, il pouvait à peine respirer, la tête tombant vers le bas. Le géant lui décocha un coup de coude dans le visage et lui ouvrit la lèvre, le sang coulait abondamment. Le crucifié releva la tête, une lumière scintilla dans ses yeux, et comme éveillé à lui même il lui répondit « le maître, c’est toi «. Le colosse parut satisfait. Il souriait de toutes ses dents. Le crucifié semblait encore vouloir s’exprimer, il se concentra, releva à nouveau la tête et ses lèvres balbutièrent « veuxtu te marier avec moi ? «. « J’accepte répondit le géant «. Ils s’embrassèrent. La terre se mit soudain à trembler, à vibrer. Puis des fantômes grimaçants sortirent de terre par milliers, par millions, par milliards. Ils sortaient comme sortirait une pâte dentifrice de son tube. Ils se mirent ensuite à tourbillonner, le ciel en fût bientôt rempli à tel point que le jour sembla décliner pour faire place à une nuit obscure faite de gémissements et de visions cauchemardesques. |
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La thèse:
" Nouvelles du paradis "
Dans cette deuxième partie, quatre nouvelleset un traité, après
l'enfer, une initiation au paradis, c'est les " nouvelles le paradis ",
une métaphore encore... mais cette fois, sur le meilleur des mondes !
Cette seconde partie commence par un texte intitulé " Nouvelles
du paradis ! " , l'initiation donc... au paradis.
| Le paradis, contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer ou croire n’est pas rempli d’oiseaux multicolores batifolant au milieu de paysages idylliques, aux murmures des cascades et de ruisseaux scintillants. Le paradis est rempli de gens à moitié fous. Les mouches tourbillonnent et vous collent à la peau, les ordures traînent de ci de là, partout, lancées par ces mêmes gens à moitié fous .La maladie déforme les corps, les « maricones » (Homosexuels) tombent leur partenaire au bout d’une danse, les sexes des hommes et des femmes sont là excités prêts à se vautrer les uns dans les autres ; les corps souillés de sueurs frémissent dans le vice des sens. Ce qui fait la qualité d’un paradis, c’est qu’il n’y a rien de sale, tout y est propre, non au sens propre mais au sens figuré. Pas de honte, pas de culpabilité, pas de pêché, tout s’accomplit naturellement dans la jouissance de l’instant présent. |
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Le décors est planté, nous sommes au paradis, qu'elle est donc
cette étrange créature, " L'homme des cocotiers ".
Extrait de la nouvelle:
| Rassurez-vous, contrairement à son homologue – abominable – vivant dans les contrées neigeuses et reculées du Tibet, notre homme des cocotiers que nous pourrions aussi nommer homo-cocotéus, ne vit pas proscrit ou caché dans une grotte perchée sur le haut d’une montagne. Non ! Notre homme des cocotiers vit sur les plages idylliques des îles Caribéennes, ou je ne sais quelques autres iles paradisiaque, avec beaucoup de soleil, de pluies tropicales et une végétation luxuriante, bref, dans des îles plantées sous les tropiques. Nous avons campé le décor … c’est celui du paradis, notre larron cocotéus est une extravagance du jardin d’Eden. Je disais plus haut que notre homme, en aucune manière, vivait caché ou reclus. C’est exactement le contraire, notre spécimen est en voie de pullulation. Il ne se cache pas, il s’exhibe, on le voit se vautrer sur les plages de sables dorés, à l’ombre de nos immortels cocotiers. |
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Que fait notre homme des cocotiers, des bulles, il rêve, de ces évasions
est né " La machine à rêve ",
Ce texte, ce traité, est une vue pata-mathématico-philosophique
du monde et de l'univers.
Extrait du traité:
| Ce petit traité, à travers
différentes formes ( philosophique, physique, mathématique,
spirituelle ) se fera à chaque fois en trois mouvements, le premier
sera de définir la notion même de concept , ce que nous
pourrons appeler la thèse, dans un deuxième temps, étendre
cette thèse à ce qu'elle n'est pas, à savoir l'antithèse,
pour enfin dans un troisième mouvement, fruit des deux premiers,
faire le paysage de cet union, la synthèse. Cette synthèse
s'inscrira alors elle même comme une nouvelle thèse, qui
entrera elle même dans le cadre des trois mouvements cités
précédemment. Nous aurons ainsi affaire à un mouvement
évolutionniste. Chaque thèse, chaque nouvelle évolution de thèse contiendra le savoir, la mémoire, le capital, l'expérience de la précédente. Chaque niveau d'évolution aura son propre mode de fonctionnement, que nous appellerons " moteur ", du plus simple au plus évolué. Ces moteurs définiront le mode de fonctionnement des phénomènes les uns avec les autres. Il nous sera aussi possible d'entrevoir le lien secret et mystérieux qui unit les phénomènes entre eux, et comment ces phénomènes se contiennent et se définissent les uns par rapport aux autres, comment ils s'organisent pour former une mécanique évolutionniste qui sera décrite dans la partie " l'arbre de vie ". |
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Extrait du traité:
| Continuum: Objet ou phénomène dont
on ne peut considérer une partie que par abstraction. Cette page est un petit traité pour la définition, la vulgarisation et l'édification de la notion de continuum. La dialectique qui est proposée dans ce traité des continuums est calquée sur le modèle du calcul différentiel et intégral des mathématiques. Origine philosophique de la dialectique des continuums: L'origine de l'idée de continuum a pour base une dialectique très simple, qui a pour fonctionnement sa thèse ( l'être ), son antithèse ( le néant ) et sa synthèse ( l'être et le néant ), à savoir un continuum, le tout formant une nouvelle thèse, qui appelle elle-même son antithèse ... le mouvement peut continuer, sans fin: il s'agit d'un fonctionnement évolutif, d'une dialectique évolutive. |
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On ne sort pas des rêves,
avec une autre excroissance, cette fois-ci c'est le thème de la jouissance,
qui dit mieux !
Extrait du traité:
| Dans le domaine sexuel,
celui qui jouit le plus, domine son partenaire et le met à son service.
Le dominé est là tel un âne ou une ânesse à donner du plaisir sous toutes
ses formes au dominant. La jouissance est intrinsèquement voleuse, là
ou elle s'exprime, elle diminue automatiquement les capacités de l'autre.
Celui qui est asservie ne peut trouver sa jouissance qu'en donnant de
la jouissance à l'autre. Le schéma classique, depuis des siècles, des millénaires, est la femme au service de l'homme, c'est le système machiste. La femme est au bon vouloir et à la bonne jouissance de l'homme, la femme est là pour donner du plaisir à l'homme, l'équilibre se trouve là, le continuum homme-femme trouve son équilibre dans ce que la femme est une inclusion de l'homme. Plus l'homme à de plaisir, moins la femme en à et vis versa, mais la base de l'édifice, c'est l'homme volant la femme, lui volant son plaisir, lui volant sa jouissance. |
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| Nous traversions la vallée du Cibao pour nous rendre sur la côte nord. De chaque coté s’élevaient de hautes montagnes, comme pour nous encadrer et nous mener à notre destination. Des cocotiers se dressaient de ci de là, telles des plumes plantées dans la peau du paysage. Que de vert, que de luxuriance. Sur les bas cotés de la route s’étendaient des rizières, avec quelques bonhommes pataugeant dans la boue à régler les canaux. Je me laissais emporter dans cette ambiance tropicale. Au fil des kilomètres, les morceaux de ma bonne vielle Europe tombaient pour n’être plus que des souvenirs s’évanouissant à eux même. C’est là que j’eu le souvenir. Cette pensée se glissa insidieusement dans mon esprit et surgit sous la forme de deux pieds noirs poussiéreux. Je les voyais distinctement. Le champ visuel se situait au niveau du sol avec deux pieds arpentant des ruelles encadrées de cabanes. D’autres pieds se promenaient proches des miens, ils allaient d’une cabane à l’autre, s’arrêtaient, repartaient dans un mouvement sans fin. Sur les flancs des collines avoisinantes apparaissaient quelques bicoques de bois, des énergumènes s’y démenaient mais la distance ne permettait pas d’identifier leurs activités. Et toujours ces deux pieds noir, les miens, marchant dans la poussière. Pour plus étrange qu’il soit, cette réminiscence s’accompagnait d’un bonheur indescriptible, une félicité remontant de loin, une allégresse qui ne pouvait avoir ni commencement ni fin, sans âge. Depuis combien de temps n’avais je perçu une telle onde de contentement. Un pneu éclaté traînait là sur la route. Je donnais un bref coup de volant, puis rétablis la ligne. Je retombais du même coup de ma rêverie pour me retrouver dans mon Europe, à savoir que dans quinze jours, il me faudrait retrouver mon petit bureau, ma petite voiture, mon petit train-train. Les kilomètres s’écoulent de nouveau, la lumière des pieds noirs réapparait pour ne plus me quitter. Elle est là, forte, rayonnante .A mon insu, elle détruit tout, déjà il ne reste plus rien de moi, mais je ne le sais pas encore. Je m’imagine retrouver une petite vie confortable et tranquille, celle ci est morte, les deux pieds noirs viennent de m’emporter, il ne me reste qu’à les suivre. Que ne vous vienne jamais de telle réminiscence, du cristal de bonheur à l’état pur. Quand vous en avez vu l’éclat, une porte s’ouvre et le passage est sans retour avant même que vous puissiez prendre la moindre décision. Qui pourrait croire une pareille histoire ? |

| On entre dans le quartier du crabe comme on entre dans une église, le silence s’impose. Ces baraques, assemblements de tôles et de planches, à chaque pas de porte, des silhouettes petites ou grandes comme figées dans le temps scrutent un horizon figé lui aussi dans ces mêmes tôles et ces mêmes planches. Ma tenue de jeune scout n’arrange rien, les têtes me dévisagent, je suis un intrus, je n’ai pas de pinces sortant du corps ni d’antennes sur la tête, de surcroît, j’ai la peau blanche. Je longe la traverse qui me mène jusqu’à la baraque de Mélissa, d’un pas de statue qui ne peut échapper aux regards. Mélissa est nonchalamment couchée sur ce qui lui sert de lit, juste vêtue d’une parure vaporeuse qui laisse apparaître ses deux tétons pointés en avant. Mon intrusion ne l’a pas réveillée, elle dort là tendrement, sa respiration est longue et paisible. Je lui titille le bout des seins juste pour tester l’état de son sommeil. Elle grommelle, histoire d’avoir la paix et continue sa sieste. Je n’ai donc qu’à attendre et faire suffisamment de bruit pour qu’elle se décide à sortir de sa léthargie. « Maldito hombre » me lance- t- elle, une fois certaine qu’elle ne pourra plus dormir, « Amor de mi vida », que je lui réponds ! Et on part à rire tous les deux. Ses petits seins bakélites comme disait Gainsbourg, m’obsèdent, il faut que je les triture et les malaxe sans arrêt, en faisant rouler la pointe entre mes deux doigts, ce qui chaque fois l’agace, je ne suis pas une chienne me rétorque- t-elle. C’est vrai que dans ces moments là je ne vaux guère mieux qu’un chien, mais c’est plus fort que moi, comme certaines femmes rendent les hommes chèvres, les tétons de Melissa me rendent chien. Ma petite négresse ! , le terme peu paraître un peu péjoratif voire insultant, mais il n’en est rien. Melissa a tout de la négresse, une négresse des îles. Il faut en avoir connu une pour savoir que dans la négresse, il n’y a que du bon. |

| La boule grise flottait là dans l’espace,
une sphère immense, grise et rayonnante. C’est le soleil électronique,
notre conscience universelle, le grand régulateur de toutes les émotions.
Il était là, à régner sur nos vies, tel un être tutélaire. Nous sommes tous reliés à lui, via un système digital-électromagnétique. Soleil électronique en langage émotionnel s’appelle « * », ou tout au moins, c’est par cette consonance que nous le connaissions. Par le biais de son rayonnement, il interfère sur nos consciences, et par voie de conséquence, aussi sur nos corps. Il faisait partie intégrante de nos jouissances, de nos souffrances, et peut aussi les filtrer, les modérer, les sublimer. La moindre de nos émotions lui est transmise, via les rayonnements électromagnétiques émis naturellement par le cerceau. Il est donc au courant de tout, de tous nos petits malheurs et tous nos petits bonheurs, de nos petites révoltes aussi. Celles-ci sont automatiquement punies, quand je dis « punies », il s’agit plutôt d’un redressement permettant la continuité et l’harmonie de l’ordre social. Cette punition se traduit par un sentiment aigu de culpabilité, accompagné de douleur physique et mentale, tout cela bien sûr, généré par « * ». Ces mêmes douleurs permettent au protagoniste de situer de façon perspicace la culpabilité, et celle-ci de nous faire renoncer au sentiment même de la révolte ou de la violence. |
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