Cette page
est dédiée à la nouvelle littéraire intitulée
" Les pieds noirs ".
Elle fait partie du recueil de nouvelles " Le pire des mondes: nouvelles
! "
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Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne lecture !
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Extrait
de la nouvelle
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| Nous traversions la vallée du Cibao pour nous rendre sur la côte nord. De chaque coté s’élevaient de hautes montagnes, comme pour nous encadrer et nous mener à notre destination. Des cocotiers se dressaient de ci de là, telles des plumes plantées dans la peau du paysage. Que de vert, que de luxuriance. Sur les bas cotés de la route s’étendaient des rizières, avec quelques bonhommes pataugeant dans la boue à régler les canaux. Je me laissais emporter dans cette ambiance tropicale. Au fil des kilomètres, les morceaux de ma bonne vielle Europe tombaient pour n’être plus que des souvenirs s’évanouissant à eux même. C’est là que j’eu le souvenir. Cette pensée se glissa insidieusement dans mon esprit et surgit sous la forme de deux pieds noirs poussiéreux. Je les voyais distinctement. Le champ visuel se situait au niveau du sol avec deux pieds arpentant des ruelles encadrées de cabanes. D’autres pieds se promenaient proches des miens, ils allaient d’une cabane à l’autre, s’arrêtaient, repartaient dans un mouvement sans fin. Sur les flancs des collines avoisinantes apparaissaient quelques bicoques de bois, des énergumènes s’y démenaient mais la distance ne permettait pas d’identifier leurs activités. Et toujours ces deux pieds noir, les miens, marchant dans la poussière. Pour plus étrange qu’il soit, cette réminiscence s’accompagnait d’un bonheur indescriptible, une félicité remontant de loin, une allégresse qui ne pouvait avoir ni commencement ni fin, sans âge. Depuis combien de temps n’avais je perçu une telle onde de contentement. Un pneu éclaté traînait là sur la route. Je donnais un bref coup de volant, puis rétablis la ligne. Je retombais du même coup de ma rêverie pour me retrouver dans mon Europe, à savoir que dans quinze jours, il me faudrait retrouver mon petit bureau, ma petite voiture, mon petit train-train. Les kilomètres s’écoulent de nouveau, la lumière des pieds noirs réapparait pour ne plus me quitter. Elle est là, forte, rayonnante .A mon insu, elle détruit tout, déjà il ne reste plus rien de moi, mais je ne le sais pas encore. Je m’imagine retrouver une petite vie confortable et tranquille, celle ci est morte, les deux pieds noirs viennent de m’emporter, il ne me reste qu’à les suivre. Que ne vous vienne jamais de telle réminiscence, du cristal de bonheur à l’état pur. Quand vous en avez vu l’éclat, une porte s’ouvre et le passage est sans retour avant même que vous puissiez prendre la moindre décision. Qui pourrait croire une pareille histoire ? |
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Les pieds noirs
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| Nous traversions la vallée du Cibao
pour nous rendre sur la côte nord. De chaque coté s’élevaient de hautes
montagnes, comme pour nous encadrer et nous mener à notre destination.
Des cocotiers se dressaient de ci de là, telles des plumes plantées
dans la peau du paysage. Que de vert, que de luxuriance. Sur les bas
cotés de la route s’étendaient des rizières, avec quelques bonhommes
pataugeant dans la boue à régler les canaux. Je me laissais emporter dans cette ambiance tropicale. Au fil des kilomètres, les morceaux de ma bonne vielle Europe tombaient pour n’être plus que des souvenirs s’évanouissant à eux même. C’est là que j’eu le souvenir. Cette pensée se glissa insidieusement dans mon esprit et surgit sous la forme de deux pieds noirs poussiéreux. Je les voyais distinctement. Le champ visuel se situait au niveau du sol avec deux pieds arpentant des ruelles encadrées de cabanes. D’autres pieds se promenaient proches des miens, ils allaient d’une cabane à l’autre, s’arrêtaient, repartaient dans un mouvement sans fin. Sur les flancs des collines avoisinantes apparaissaient quelques bicoques de bois, des énergumènes s’y démenaient mais la distance ne permettait pas d’identifier leurs activités. Et toujours ces deux pieds noir, les miens, marchant dans la poussière. Pour plus étrange qu’il soit, cette réminiscence s’accompagnait d’un bonheur indescriptible, une félicité remontant de loin, une allégresse qui ne pouvait avoir ni commencement ni fin, sans âge. Depuis combien de temps n’avais je perçu une telle onde de contentement. Un pneu éclaté traînait là sur la route. Je donnais un bref coup de volant, puis rétablis la ligne. Je retombais du même coup de ma rêverie pour me retrouver dans mon Europe, à savoir que dans quinze jours, il me faudrait retrouver mon petit bureau, ma petite voiture, mon petit train-train. Les kilomètres s’écoulent de nouveau, la lumière des pieds noirs réapparait pour ne plus me quitter. Elle est là, forte, rayonnante .A mon insu, elle détruit tout, déjà il ne reste plus rien de moi, mais je ne le sais pas encore. Je m’imagine retrouver une petite vie confortable et tranquille, celle ci est morte, les deux pieds noirs viennent de m’emporter, il ne me reste qu’à les suivre. Que ne vous vienne jamais de telle réminiscence, du cristal de bonheur à l’état pur. Quand vous en avez vu l’éclat, une porte s’ouvre et le passage est sans retour avant même que vous puissiez prendre la moindre décision. Qui pourrait croire une pareille histoire ? Je suis encore à faire attention aux panneaux de direction qui sont sensés nous rendre à notre petit hôtel, j’ai encore la faiblesse d’imaginer une telle illusion .Je n’était qu’un petit employé de bureau incolore et inodore vivant dans un petit monde lui aussi inodore et incolore, qui aurait pu me prévenir ?, et me prévenir de quoi, dites de le moi. Les pieds noirs m’ont torturé, et continuent de le faire, chaque jour. Mes petits pieds tendres ne sont pas habitués aux chemins souvent rocailleux. Je regarde le bas de mes jambes, et chaque matin je pleure, je ne peux faire autrement, il n’y a que ça à faire, de pleurer. Les larmes coulent, je me sens à chaque fois un peu soulagé. Ainsi à commencé ma descente aux enfers, pour ces mêmes… vous savez . Je me retrouvais quelques années plus tard dans « la bouche de la fille « ( Boca Chica , petite ville du sud de l’île ). J’étais assis sur ma voiture à attendre je ne sais quoi, que le temps passe peut être.. Un chico déambulait de l’autre coté de la rue. Je l’appelle, il vient. Nous discutons aimablement de choses et d’autres. De truc classique, de nos familles mutuelles… mais j’avais oublié juste un détail, nous étions vraiment dans la bouche de la fille. A chaque fois que l’une d’elles passe parée de sa plus belle mini jupe et de sa poitrine bien mise en valeur, le chico me fait un clin d’oeil. Pas mal a t-il l’air de me dire. De clin d’oeil en clin d’oeil il arrive à me demander si l’une d’elle ne me tenterait pas. Et pourquoi pas lui répondis je. - Car vois tu - m’explique t’il - j’ai une soeur, et bien plus jolie que toutes celles que tu as pu voir. - He bien amène la moi. - Tu verras, elle est muy linda . Le voilà qui revient, avec sa soeur. - Alors c’est toi, la muy linda. Elle rigole, - Oui, c’est moi, et ne me regarde pas de cet air niais, comme si je ne venais de nul part, je suis déjà mère d’un enfant, touches mes seins et tu vas voir comme ils sont durs, ils sont tellement pleins que ça m’en fait mal. - Dis moi le chico, tu vas rentrer chez toi maintenant, ta maman t’attend. - allez, mal élevé, rentres tout de suite lui crie sa soeur. Me voilà donc avec Mabel, allongé sur le lit de notre petite chambre d’hôtel. Avec Mabel aussi nous discutons aimablement, ils sont vraiment tous très aimables dans cette famille. De choses et d’autres, toujours ces mêmes petites choses qui sont la raison de nos coeurs. Elle voudrait être chanteuse, mais elle n’a pas de micro pour chanter. - Chantes sans micro, pour les début au moins. Elle me sourit, et comme pour me faire plaisir chante un refrain tout en m’observant, pour voir si je suis troublé, si j’apprécie. Que d’amour dans cette voix, de douceur, de tendresse, et le tout surmonté d’un joli visage et d’une jolie paire d’yeux qui vous contemplent. Mabel n’a que des yeux, rien d’autres, ils ne sont ni troublants, ni tentants, ni enflammant ou je ne sais quoi encore, seulement deux billes qui vous regardent. Visage simple, beauté simple, encore du cristal de beauté à l’état pur, pas une nymphomane psychopathe que je vais devoir attacher pour faire l’amour, avec un pic à glace planqué sous le lit. Tout se fait naturellement, elle n’est pas très experte, mais sa douceur m’emporte. je suis un peu gêné de son jeune age. Mabel est une jeune fleur qui vient tout juste d’éclore, son parfum ingénu m’imprègne et me pénètre, et que n’en déplaise à tout les obsédés de la morale, Mabel prend autant de plaisir que je puisse en prendre, elle ne demande que ça – dans sa fraîcheur – que je lui fasse connaître ce qu’elle ne saurait encore. Nous nous retrouvons quelques heures plus tard dans le campement, espèce de taudis ou séjourne la famille au complet de Mabel, frère, oncle, bien d’autres encore, et la maman bien sûr. Elle trône là et ordonne à chacun la conduite à tenir. D’abord du rhum pour l’invité, un peu de musique et une bonne pizza que l’un d’eux se dépêche d’aller chercher. Elle est pas bien jolie la maman avec son crâne rasé et ses vêtements fripeux, mais quel caractère. Tout le monde l’écoute et se plie à ses petits soins et ses exigences. C’est la chef, un peu comme dans les troupeaux d’éléphants, la plus vieille femelle. Ces chers pieds noirs. Que ne vous prennent l’idée de les regarder de près, ils sont remplis de crevasses, écorchures et cicatrices en tout genre. A les voir, vous fuiriez, de voir le diable en personne vous ferait le même effet. Non, les pieds noirs se regardent dans leur balancement à fouler le sol. Je dirai même que le regard doit se porter depuis les pieds jusqu’à l’extérieur, c’est de la que jaillit la lumière. Nous rentrons à l’hôtel, l’alcool nous a tous les deux un peu éméché. Nous reprenons une nuit rien que pour nous, sans la vieille femelle, sans personne, Mabel et moi même, une nuit entière pour nous goûter l’un et l’autre. Entre deux ébats, je somnole et rêvasse. Je songe à mon bonheur indicible, et de cette peau noire qui peu à peu m’imprègne. Comment ferais- je pour retrouver mes civilisés, leur expliquer. Je pourrais leur parler certes, entamer quelques longues discussions, mais nous ne nous comprendrions plus, viendrait un moment de rupture ou ils me répondraient ou penseraient: « mais qu’est ce que tu racontes là ?! « Le propre des civilisés est d’avoir d’une part réponse à tout, et aussi de trouver une raison à tout, l’empire de la logique, de la raison et du savoir. Une sorte de croyance style « je sais que je sais «. Certains, plus malins, énoncent « je sais que je ne sais pas «. - Et que sais tu ? aurais je envie de demander - Que je sais, me répondraient ‘ils - Et quoi encore ? Cela pourrait durer longtemps. Une croyance, rien de plus, édifiée comme une religion, avec ses saints, ses diables, ses Christs, c’est le monde du savoir. Voilà la base même de la civilisation, croire que l’on sait .Et tout le monde baigne dedans au point d’en avoir des certitudes et de vraiment s’imaginer que les certitudes sont là. Finalement, la civilisation, c’est un peu comme un bateau, il est toujours parti vers une destination. Inconnue ? Certes non, le but du voyage est un monde meilleur, c’est ce qui est dit aux passagers:" vous allez de nouveau fouler la terre, une terre meilleure !" Mais meilleure de quoi? , la terre a toujours été là, les pieds noirs eux le savent, il n’y en a qu’une, à quoi bon un voyage pour retrouver ce qu’on avait au point de départ. Tout cela ressemble à une grosse farce, pour ne pas dire à de l’obscurantisme. Le savoir était sensé initialement donner la lumière, il génère maintenant de l’obscurité. Le savoir est sensé nous apporter le bonheur, en relation à la diversité des choix qu’il nous enseigne et de la liberté que cela nous apporte. Mais si le savoir s’enferme sur lui même, et ne donne plus que le choix de lui même, la diversité tombe et s’ensuivent les ténèbres. Le vaisseau est parti dans l’espace, toujours plus loin, dans de plus sombres ténèbres. Quand l’un des passagers s’exclame " mais ou allons nous ?", - Devant, vers un monde meilleure, dit la capitaine, maintenant qu’on est parti, on ne peut plus faire marche arrière, il faut aller encore plus vite, plus loin. Je te l’énonce, homme civilisé, quittes ton travail, mets une bombe dans la mairie de ta ville, tues le flic qui voudrait t’en empêcher, car c’est maintenant une question de vie ou de mort, et tu es en droit de légitime défense. Quoi qu’il arrive, que ce soit demain, dans un an, dans dix, dans mille, on retrouvera tous nos pieds noirs, car il n’y a d’autres destinations, car il n’y a d’autres ailleurs où aller. Où irions-nous si ce n’est chez nous! Les fusées, les satellites, tout ça ne sont que des vaisseaux, vers des mondes qui te tortureront toujours plus. Vos pieds sont trop blanc, trop moelleux, trop lisses, sans ride, ils ne ressentent plus à rien, ce sont des pieds virtuels, et à ne plus vouloir les écorcher, tu vas endurer une douleur sans fin. Nous étions avec Mabel à siroter tranquillement un bon jus. Un Gringo se trouvait là sur la chaise d’à coté. Elle lui fait un sourire, il ne répond pas. - Tu es triste ? lui lance t’elle. - Non je ne suis pas triste . Il nous observe de son regard fixe, le visage sans expression, un visage fermé sur lui même, un visage solitaire et inaccessible ; Mabel tente de discuter avec lui, cela ressemble à une partie de ping pong sinistre. Nous quittons le bar. - Qu’est ce qu’il avait l’air triste le Gringo, ça doit sûrement être son caractère. - Non, lui répondis-je, c’est le caractère de tous les Gringos. Nous retournâmes au campement, un petit feu de bois laissait échapper quelques fumées. Ca pique le nez lance la maman, mais ça a au moins l’avantage de chasser les moustiques .Une cocotte mijote. L’éternel et habituel riz mélangé avec le sempiternel poulet. Personnellement je m’y suis fait, je pourrais en manger tous les jours que cela ne me dérangerait sans plus. La belle soeur de Mabel est là, assise sur un gros caillou, les jambes écartées. Superbe mulâtresse aux jambes bien musclées, avec sa poitrine elle aussi bien développée et ses petites dents aiguisées .Elle est vraiment à croquer… Son petit short moulant vous donnerait l’envie de la dévorer sur son caillou. Mais bon, Mabel est là, je ne vais pas lui faire cette infidélité. Encore que…N’était ce pas elle même qui me contait, lorsque je lui contais moi même mes mésaventures avec ma petite Yahaira , et que la soeur de Yahaira me regardait avec des yeux languissants , et que cette même soeur était tellement jolie …bref. Mabel me disait donc " mais si elle te plaisait, et que tu lui plaisais aussi, il fallait la sauter, tu l’aurais fait gémir, sangloter de plaisir. Après elle aurait sangloté pour de bon quand tu l’aurais quittée, et Yahaira aussi de jalousie, et le mari aussi qui tôt ou tard l’aurait appris, et la soeur une fois de plus encore car son mari à coup sur lui mettrait une bonne trempe." Et tout en racontant cela, Mabel pouffe de rire, elle à vraiment l’air de croire à la bonne morale de ses propos. Que cela ne tienne, j’en profite pour jeter un petit regard du coté des formes vaporeuses de sa belle soeur, rira bien qui pleurera le dernier. Homme civilisé, il t’a été promis que tu serais un dieu, luxe, confort, sécurité, et comment pourrait il en être autrement, ne le mérites tu pas ? Qui ne le mérite ou ne le mériterait pas.? Mais là n’est pas la question ni le problème, au final dans ta magnificence, tu es un être solitaire et inaccessible qui se meurt dans son propre néant. Et dans ta bêtise, tu glorifies cet état et en fait grand étalage. Et dans ta plus grande bêtise encore, tu fais de ton malheur ta qualité première. On te ment, par omission certes, mais l’omission est de taille. Il n’y aurait qu’un seul chemin, ou tout au moins, on ne t’en enseigne qu’un seul, alors que des chemins, il y en a … ils sont innombrables. Me diras tu, tu es né dedans, cette espèce de confiture aliénante dont on ne se défait pas. Je devrais même dire, c’est la seule religion qu'il t'est été permis de connaître. Mais je te le répète, rien ne t’empêche, quand tu le veux de jeter ton téléviseur par la fenêtre, d’éventrer tes chaussures à l’aide d’un couteau, pour reprendre pieds nus les chemins poussiéreux. Tu verras, peu à peu ils reprendront leur couleur noire, leur couleur originelle. La civilisation a pris les allures d’un sentier lumineux censé éclairer le monde, c’est le genre de croyance, qui comme toute certitude erronée mène au suicide. Attention homme civilisé, au bout de ces désillusions, l’homme fatigué détruit sa croyance et lui avec. Il commence par croire qu’il n’est pas sa propre croyance et qu’il peut se libérer d’elle facilement, mais au final, l’homme fatigué se rend compte qu’il est sa propre croyance, et que pour se séparer d’elle, il ne peut passer outre le suicide. Je me retrouvais avec Mabel au beau milieu d’une fête Dominicaine. C’est la prépâques, Juste un petit bal préliminaire avant les grandes festivités. Une fête Latino Américaine, ça commence toujours sobrement. Quelques filles se déhanchent de ci de là, rien de bien méchant. Avec l’alcool qui monte dans le sang, et le sang qui au contact d’un autre sang s’échauffe, on arrive vite à des comportements de plus en plus sensuels ,les corps dansent avec grâce et inspiration , et tout le monde s’y met, chacun avec son voisin ou sa voisine le plus proche. La température monte très vite, et on passe de la sensualité à la lubricité pour ne pas dire l’obscénité. Plus de pudeur aucune, on est juste à se frotter l’un contre l’autre, sexe contre sexe. Les danses sont d’ailleurs très bien appropriées à ces ébats, la jambe de l’homme entre celles de sa partenaire, on se cambre tout en remuant le pubis sur celui de l’autre. L’étreinte peut se faire par devant, derrière, à deux ou à trois, tout est envisageable. Certaines danses qui ne sont que la réplique même du coït dans toutes ses formes et positions, on baise tout habillé au rythme de la musique - voilà - . Au summum de l’échauffement, on en est pas moins réduit à des chiens, l’unique envie est de forniquer avec la première ou le premier venu. Alors, chacun s’éclipse discrètement, le chien avec sa chienne, la chienne avec son chien. Après une bonne nuit de chiennerie avec ma belle, nous nous réveillons gentiment. Mabel est fraîche comme une rose, je suis encore dans les brumes matinales, mon seul désir est de rester couché, elle non. Voilà, pour se divertir, elle fait des galipettes sur le lit, avant, arrière, à chaque fois, elle s’esclaffe. Les galipettes finies, elle prend la bouteille de coca cola et s’engage dans un coït virtuel. Elle est vraiment très douée la petite Mabel pour le spectacle, et le reste aussi. L’apothéose de son show est un « dame tu lèches papi /donne moi ton lait petit père « , elle couine et miaule comme une chatte , les voisins ne vont pas tarder à nous faire un scandale. C’est bien, elle paraît calmée ! Non , ce n’est qu’un subpterfuge , maintenant ,elle chante « yo quiero mamar , yo quiero rapar , yo quiero singar , la primera que lo veo , , le mame la pepita ,le saca abituelita – je veux lécher ,je veux limer ,je veux baiser , la première que je vois , je lui lèche la foufoune et lui met mes petits grumeaux «.Elle en pleure de rire. Je m’imagine pouvoir enfin dormir. Elle n’a pas donné le sein à l’enfant, ceux ci sont gonflés et douloureux. Elle les soulage dans la bouteille de coca, me la tend avec un « t'as soif ?«. Mabel , que ferais je sans toi ? C’est bien là la question que je me pose. Un bon suicide se prépare toujours sur le prétexte de la faute d’un autre, et s’opère aussi par le biais d’un autre. Je ne me tuerais pas moi même je t’offrirais d’abord un couteau, pour une raison fictive je t’en mettrais plein la figure, et de rage, tu me tuerais. N’as ton pas vu les uns donner de l’argent et des armes à d’autres, et ces derniers lancer leurs avions sur les tours des premiers, et ces mêmes premiers par vengeance détruire les fourmilières de ces derniers. Petite fourmi tu as raison d’avoir peur, car ta fourmilière est en danger, les fourmis pensantes s’asphyxient et deviennent folles. Excuse moi de te dire ça petite fourmi, je pleure, je pleure encore, pour nous, pour moi, pour vous, car tu ne le sais pas encore , mais le couteau est déjà lancé. Dans ta somnolence de fourmi, tu n’entends pas l’air siffler . On t'a fait la promesse que tout irait bien, pour toujours. Dors encore sur ton lit moelleux les dernières heures qu’il te reste de paisibles, dors petite soeur, demain sera une dure journée. Nous sommes tous de sortie: la veille femelle éléphant, Franck son Jules, Mabel et sa copine estropiée qui ne peut plus marcher. On quitte le campement troglodyte pour aller à la discothèque. Qu’elle virée en vue, j’en ai déjà le vertige. Franck tient absolument à conduire la jeep, Je ne suis pas tranquille, mais bon, il n’y a que peu de route à faire. D’abord le « Pica Pollo » pour nous remplir, une petite bouteille de rhum pour se mettre dans l’ambiance, et nous voilà repartis pour la disco branchée du coin. Manque de chance, on ne nous laisse pas entrer, la maman se fâche. - On est accompagné par un gringo plein de fric, on va t’en boire plein de tes bières. Un énergumène surgit d’on ne sait où, me regarde et lance à notre troupe: - il faut tous les tuer les gringos . L’homme à l’air sérieux, je ne vais donc pas commencer à polémiquer avec lui, on s’en va. Voilà ce qu’il nous fallait, une petite disco sans prétention, vide de surcroît, on aura toute la piste de danse pour nous. Re-rhum, et nous voilà tous sur la piste de danse. Mabel est vraiment la plus belle - sans artifice - , elle à ça dans le sang de danser et de remuer le popotin . Le Franck ne résiste pas, il l’invite danse sur danse. La vieille femelle s’est retirée. Quelle jalouse ! - et de sa fille en plus - . Au bout d’une demi-heure elle commence de chialer, inconsolable bien sûr. La soirée est donc gâchée, on rentre. La vieille femelle refuse de monter dans la jeep, elle boude maintenant et veut rentrer à pied. Tout le monde s’énerve, Franck essaye de la faire entrer de force, ça se bouscule et quelques gifles se donnent au passage. « Et bien qu’elle rentre à pied ». Franck est fou de rage, il démarre sur les chapeaux de roue et commence une pointe de vitesse à faire hurler le moteur, tout en vociférant lui même. Tout ce que j’espère c’est qu’il ne va pas la casser ma jolie petite jeep de location .Il change d’idée, fait demi tour en traversant le terre plein qui mène à la voie opposée et repart en trombe. Il va me le casser mon véhicule – que je pense tout haut -.On retrouve la maman, là assise en pleurant, l’arcade sourcilière en sang. Dans les deux minutes ou nous l’avons laissé là seule, elle à réussit à se faire attaquer, on lui à volé son joli petit sac. Mabel se sait plus où se mettre, elle maudit ouvertement sa mère. Celle ci ne s’est toujours pas remise de sa torpeur. Après avoir laissé la troupe au campement, nous rentrons avec Mabel à l’hôtel. Elle craque. Ma mère, c’est un cauchemar, un cauchemar ambulant me confie t-elle les larmes aux yeux. Et la voilà qui me déballe le morceau. La guerre du feu ! Ses histoires me font vraiment penser que je me retrouve cinquante siècles en arrière. Pour la ranimer de sa tristesse, je lui masse les pieds, ses jolis petits pieds tout noirs que j’admire avec fascination. Elle aime ça que je lui triture la plante des pieds et la soulage. La jeunette reprend vite du poil de la bête « viens me la mettre me dit-elle « , je m’ordonne. Une fois assouvie, elle s’approche de moi, m’enserre dans ses bras et me déclare qu’elle m’aime. Elle n’a aimé jusqu’à présent qu’un homme: son « chulo «. Celui ci la mise sur la rue à tapiner alors qu’elle avait douze ans. D’abord les touristes, puis les Dominicains. Ensuite elle à eu un enfant de lui à seize ans, et puis elle l’a lâché car il lui ponctionnait vraiment trop. Elle veut maintenant le mettre en prison car il ne paye pas la pension pour l’enfant, ça la fait beaucoup rire. Et il y restera jusqu’à ce qu’il paye. Avec tous les arriérés, il me doit presque six mois de son salaire, de quoi le laisser au moins six autres mois en cabane. Elle me re-déclare son amour en m’annonçant cette fois ci qu’elle veut un enfant de moi. A mon grand malheur, elle est on ne peu plus sincère. Mabel , que vas tu faire de moi ? Cette nuit là, la bouche de la fille à mauvais haleine, pour ne pas dire des relents de fin du monde. Je vois, tu me traites déjà d’oiseau de malheur, d’oiseau psychotique, pour prononcer tant de malheurs, tant de propos politiquement incorrects. Je suis digne d’une secte vicieuse et méchante, pour ne pas dire apocalyptique, qu’ai-je à effrayer les braves gens. Dis toi bien que toutes les sectes, tous les groupes d’intérêts communs, toutes les nations, toutes les individualités sont apocalyptiques car ils et elles ne tolèrent qu’eux mêmes, ils et elles ne peuvent vivrent en harmonie que dans l’équilibre des uns par rapport aux autres. Mais la tienne de secte, la mienne, dont nous sommes les malheureux représentant à pris toute la place, elle est devenue l’unique, l’équilibre est rompu, c’est la chute, le suicide est prononcé. Boca Chica, La bouche de la fille est remplie de dents pourries et cariées, les chicos au fur et à mesure de leurs désagrégations sont remplacés par du plastique qui ne vaut pas mieux que les chicos eux mêmes. Les autochtones parlent de tuer les touristes. Ils ne font pas qu’en parler, ils en tuent quelques uns de temps à autre: ceux qui se sont égarés dans une rue trop sombre, ou dans des pratiques trop noires elles aussi. Les touristes eux viennent ruminer leurs ténèbres en s’accouplant avec des gamins et des gamines. Tout est à vendre, à prendre, à violer ou à tuer. Sodome et Gomore, tel est le parfum de Boca Chica. Mais celle ci ne finira pas sous les flammes. Non. Car Mabel est là: De ses pieds noirs, des miens mi-gris, je vais la féconder pour donner naissance à un enfant. A sa belle soeur aussi, à Yahaira et sa soeur, à toutes les petites Dominicaines que je rencontrerais d’ailleurs. Pas à la maman, car elle a une préférence pour les rites sodomites, et la sodomie n’enfante pas. Je me sens fiévreux, une fièvre proche du délire, il faut des enfants partout. Après avoir pleuré, je ne me sens l’âme qu’à copuler, féconder et procréer. Je finirais sûrement en prison faute de ne pouvoir payer la pension de chacun des petits bambins , mais qu’importe , le monde sera rempli d’enfants , les « Black and White Foots « on les appellera : un pied pour la guerre du feu , l’autre pour le monde meilleur. |
J'aime la littérature,
j'aime lire, j'aime la lécture !
L'océan
de douleurs - la
chute de la maison Huchaire -
les rats - le
livre de Satan
Nouvelles du paradis
- L'homme des cocotiers
- la machine à
rêves - les
pieds noirs - la
fonction de métamorphose
littérature, lire est un plaisir, la lecture ... encore !