Cette page est dédiée à la nouvelle littéraire intitulée " Nouvelles du paradis ".

Elle fait partie du recueil de nouvelles " Le pire des mondes: nouvelles ! "
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Extrait de la nouvelle

Le paradis, contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer ou croire n’est pas rempli d’oiseaux multicolores batifolant au milieu de paysages idylliques, aux murmures des cascades et de ruisseaux scintillants. Le paradis est rempli de gens à moitié fous. Les mouches tourbillonnent et vous collent à la peau, les ordures traînent de ci de là, partout, lancées par ces mêmes gens à moitié fous .La maladie déforme les corps, les « maricones » (Homosexuels) tombent leur partenaire au bout d’une danse, les sexes des hommes et des femmes sont là excités prêts à se vautrer les uns dans les autres ; les corps souillés de sueurs frémissent dans le vice des sens. Ce qui fait la qualité d’un paradis, c’est qu’il n’y a rien de sale, tout y est propre, non au sens propre mais au sens figuré. Pas de honte, pas de culpabilité, pas de pêché, tout s’accomplit naturellement dans la jouissance de l’instant présent.



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Nouvelles du paradis

République Dominicaine, 2001

A Yahaira qui m’en a donné le goût.

Le paradis, contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer ou croire n’est pas rempli d’oiseaux multicolores batifolant au milieu de paysages idylliques, aux murmures des cascades et de ruisseaux scintillants.
Le paradis est rempli de gens à moitié fous. Les mouches tourbillonnent et vous collent à la peau, les ordures traînent de ci de là, partout, lancées par ces mêmes gens à moitié fous .La maladie déforme les corps, les « maricones » (Homosexuels) tombent leur partenaire au bout d’une danse, les sexes des hommes et des femmes sont là excités prêts à se vautrer les uns dans les autres ; les corps souillés de sueurs frémissent dans le vice des sens.
Ce qui fait la qualité d’un paradis, c’est qu’il n’y a rien de sale, tout y est propre, non au sens propre mais au sens figuré. Pas de honte, pas de culpabilité, pas de pêché, tout s’accomplit naturellement dans la jouissance de l’instant présent.

Nous nous promenions tranquillement, main dans la main sur le chemin poussiéreux. Yahaira m’expliquait que l’attroupement autour de la maison voisine avait pour raison la mort d’un mototaxi qui avait été renversé par un camion qui lui avait écrasé la tête.
Yahaira m’invite à venir voir le mort. Il est là dans son cercueil, le visage recouvert d’un linge. Curieuse comme elle est, Y. soulève le linceul: l’oeil est sorti de son orifice et à travers les os broyés sort la cervelle.
Il doit être le milieu de l’après midi. De l’autre côté de l’horizon s’étend la chaîne montagneuse du Cibao. Elle se dresse, là, majestueuse, toute verte vêtue de ses cocotiers, bananiers et manguiers. Du vert partout, dans toute la gamme du spectre, l’overdose tropicale. La terre jaunâtre s’élève en petits nuages au gré de nos pas, on a du plaisir à traîner les pieds uniquement pour la voir voltiger.
En soit, le paradis n’a ni queue ni tête, peut-être une quéquette qui pisse à gauche, à droite, il faut juste faire attention de ne pas se pisser dessus car ça laisse alors une belle auréole. Le paradis, une espèce de corps difforme se mouvant au gré des bons caprices de chacun. Car chacun y met du sien pour l’entretenir ce corps disloqué. Ce paradis est plus éthylique qu’idyllique. Des rivières coulent du rhum, les éberlués s’y débattent tout en faisant de grands glouglous pour ensuite dessaouler allongés sur de gros rochers. On ne se baigne pas nu, non, ni avec un maillot de bain mais tout habillé, car il n’y a rien à cacher, et « rien à ne pas cacher ». On marche, on baise, on se baigne, habillé, nu, sans queue ni tête et la quéquette à l’air comme je vous l’ai dit.
Nous en étions toujours à nous promener, d’ailleurs, il n’y a que ça à faire, se promener dans les chemins poussiéreux quand on rencontre la Biquette. On la surnomme ainsi à cause de son strabisme qui lui donne vraiment un air de biquette. Alors «bica «, c’est quand que tu te maries ? Elle baisse la tête, la relève brusquement juste pour voir si on la regarde toujours, -ce qui est le cas – et la baisse à nouveau .Non, la biquette n’est pas encore prête .Allez François me dit Y., donne- lui un petit coup de main ou un petit coup de ce que tu veux, faut la débrider un petit peu. Allez, dis lui que tu es amoureux et que ce soir sera le soir de son dé-pucelage. Pour faire plaisir à Y., je fais donc ma déclaration à biquette. Elle glousse un peu bêtement toujours en regardant ses pieds, son oeil déréglé passant subrepticement du bas vers le haut, juste pour nous observer. L’ambiance se fait lourde. Un peu de rhum et le tour est joué, les verres se remplissent, les esprits se dilatent. Maintenant, au lieu de lourdeur, nous voici tous à sourire et à ricaner bêtement .La biquette se décoince et de temps à autre son oeil zigzague mais retourne invariablement à ses pieds. « coño », il y a du boulot en perspective .Nous voilà donc à moitié saouls en train de diverger. La biquette me donne la main, Y. pouffe de rire tout en jouant les grandes soeurs, mais la bique ne quitte pas ses pieds des yeux. Heureusement une bagarre éclate un peu plus loin. Deux petits jeunes qui s’asticotent et font les coqs. Etant « presque » des grands, ils se doivent de paraître des guerriers, invincibles. A ce jeu, les hachettes sont vite sorties et virevoltent comme des pales d’hélicoptère, pouf, voilà un bout de doigt parti et qui pisse le sang. Finalement – avant qu’ils ne se dépècent l’un l’autre, les hercules sont séparés, en guise de final, les deux hurluberlus se lancent des flots d’insultes qui se perdent dans la brise. Tout cela nous à fouettés, on se sent revigorés, le sang chaud.
Une veille radio cassée traîne là sur une tablette juste à côté du lit, je me demande bien à quoi elle sert étant donné son piteux état. Fais- y très attention me dit Y., c’est ma boîte à rêves .Toutes les nuits, elle se réveille, d’abord en émettant une petite musique nasillarde, puis elle se met à rêver, et les rêves se mettent eux -aussi à rêver, et ainsi de suite ,cela devient gigantesque , gros comme le monde et plus encore . Quand je suis sur mon lit, je n’ai juste qu’à me laisser aller et à me glisser dans l’un des rêves, et alors commence le voyage, je peux aller où je veux et faire ce que je veux. Comme elle, je me dédouble, me détriple et ainsi de suite au gré des métamorphoses. Tu veux essayer ? Attends cette nuit, tu verras.
Toujours cet infernal aller-retour entre la maison et l’inévitable épicier du coin de la rue, une fois pour les tomates, l’autre pour la bouteille de coca, ça n’en finit pas. D’ailleurs je le répète, il n’y a que ça à faire .Me voilà donc de retour avec mes bouteilles dans une main et mes sachets de tomates dans l’autre. Il n’y a plus de gaz et plus d’argent pour aller remplir le tank. Tant pis, on ne mangera pas Par chance, il y a du courant aujourd’hui, pas de coupure, on peut donc écouter la radio, se trémousser et se tortiller au rythme d’une bonne bachata. La bachata, c’est pire que la fièvre typhoïde, juste une petite note sortant d’un quelconque appareil, et les voilà toutes, ces « muchachas » à se déhancher, à se caresser le corps. Pire qu’une fièvre et une forte. Y. est en transe, transe dont elle ne sortira que lorsque la musique cessera, si elle cesse.

Paradis perdu ! Mon cul ! Je ne sais pas quel est le couillon qui à commencer à raconter ça, il devait lui aussi être pris de fortes fièvres avec de surcroît au moins quatre grammes d’alcool dans le sang. Il a bien farci celui qui a raconté ça et ceux qui l’ont entendu et l’ont cru ne devaient sûrement pas avoir assez bu. C’est la le problème du paradis, parfois, on en peut plus de toutes ces jouissances, et on se met alors à rêver de choses absurdes, de paradis d’abstinence, de travail, de courage et de vertu et de je ne sais quoi encore ?
La discothèque est vide, on doit être les premiers. On en profite pour s’asseoir sur les chaises les plus moelleuses. Urgence, il y a urgence d’alcool, la bachata qui jaillit depuis notre arrivée nous fait grésiller le cerveau, il fait chaud et ce maudit serveur n’est toujours pas là pour nous servir notre bière. Mais qu’est- ce qu’il s’imagine ce serveur, qu’on est venu ici pour contempler sa cabane illuminée ! Qu’il nous serve bon dieu.
Ca y est, nous voilà rincés, Â que c’est bon ces petites bulles qui vous pénètrent et commencent d’éclater dans nos pauvres têtes bien faites. Ca pétille, ça fume presque. Enfin seulement, ma pauvre cervelle se dilate et se brèche, la musique peut y entrer et opérer son désastre. Je me souviens, l’espace d’une bulle qui éclate, de la boîte a rêve de Y., je la vois, je l’entends qui commence à nasiller, et cette bachata, et tous ces corps en transe .Je le sens, le paradis est proche, je le vois onduler me frôler comme une bête lubrique, il est là omniprésent, remplissant l’espace et mes sens, encore une bière ou deux je me laisse dévorer.

Paradis perdu ! Bande de gros dégueulasses, c’est tout ce que vous avez trouvé comme alibi pour tout détruire et tout saccager, et vous avez le culot d’appeler ça la civilisation.
Y. m’a offert une baguette magique, grande et dure comme une batte de baseball. Crois- moi ou crois-moi pas, mais si je prends un des tes hommes civilisés et que je lui frappe la tête avec ma batte, jusqu’à la fracasser, jusqu’à ce que tous les os craquent, de cette chère tête bien faite sortira un geyser d’ordures, intarissable, des montagnes d’ordures en sortiront, de quoi remplir le grand canyon.
Yocaira me le contait très bien, quand elle nous écoutait causer, nous les civilisés, elle avait toujours l'impression qu'on était en train de négocier des ordures. A ce sujet, si quelqu’un te dit un jour que tu es une personne civilisée, que le paradis c’est bon pour les enfants et que de surcroît ces gens-là auraient un peu perdu la tête, alors méfie-toi, c’est sûrement quelqu’un qui veut faire de toi un négociant en ordures.
L’eau pourrie, ça te triture l’estomac en quelques minutes. Mais je ne pouvais faire autrement, il n’y avait pas d’électricité, mon briquet, je ne savais plus ou je l’avais posé, et donc, en me levant, je n’avais d’autre possibilité que de boire au premier bidon trouvé. Ca semblait être de l’eau, j’ai bu. Je roule sur le lit d’un côté à l’autre, les boyaux tordus, juste une bonne chiasse demain et tout sera terminé. Mais comme un malheur ne vient jamais seul, les moustiques se mettent de la partie je m’énerve, transpire, baigne dans mon jus… chères nuits tropicales.
Les voisins de Y ; en parlant du mort à la tête écrasée ont tous évoqué le camion écraseur. Mais tout le monde sait bien que ce n’est vrai, que c’est une légende, le mototaxi a simplement été frappé par le rayon noir. De temps en temps, du paradis, de cette espèce de boule de feu, sortent des éruptions qui prennent la forme d’un rayon noir. Celui-ci a toujours la particularité de frapper la tête. Toujours dans la légende, on dira qu'un-tel a reçu un coup de batte de baseball, caillou, coup de couteau ou je ne sais pas quoi encore, c’est uniquement le rayon noir qui frappe. Celui-ci n’est pas guidé par une raison logique, il jaillit, comme ça, au petit malheur la chance et s’en prend chaque fois à la boîte crânienne. On ma raconté qu’avant qu’il ne frappe, l’air se met comme à grésiller, la personne allant être frappée est comme sujette à des étourdissements, à des troubles de la vision et de l’ouïe et paf, la voilà foudroyée. Les personnes averties ont un réflexe extrêmement simple, dés qu’il sent que le rayon va jaillir il baisse la tête. Les plus sensibles à ce genre de phénomène sont quand même les étrangers, ceux pas nés au paradis, c’est bête comme chou, ils se laissent engloutir dans la jouissance et ne font absolument pas attention. J’en connais une (étrangère) qui a été frappée, ses proches sont persuadés que c’est un accident de moto, en fin de compte c’est la moitié du crâne défoncé, « encore une chance qu’elle soit vivante ! » disait le chirurgien, « elle a juste perdu l’ouïe, l’usage de la parole et l’odorat » elle ressemble maintenant à une mutante a t-il oublié de dire.

Comme d’habitude, il fait beau, un grand bleu parsemé de quelques taches blanches. L’air est humide et le soleil « pique ». On en est encore avec Y. à nos sempiternelles promenades, pour aller chercher l’éternelle tomate ou rafraîchissement ou pour aller dire à la voisine... heu, je ne sais plus, sûrement qu’il fait beau , mais ça , tout le monde le sait. Un petit arrêt chez la belle-soeur dans sa cabane Barbie. Un assemblage de planches rudimentaires, mais j’en suis sûr, même cette chère Barbie en pâlirait de ce petit palais aux rideaux cousus main pendus sur un fil électrique finement coloré, de ces petites chaises dignes d’un tableau de Picasso, tant de couleurs, tant de petits détails. C’est certain, cette belle-soeur, c’est une petite princesse, il n’y a qu’à voir cette poitrine, ce roulement des hanches, il n’y a aucun doute. Malheureusement, quand il y a une princesse, le prince n’est pas loin. Il est là, à veiller sur son royaume.
Quand on voit le paradis sur une carte postale, c’est beau à voir, ces enfants qui sourient, ces hommes et ces femmes aux visages et à l’allure sereins dans des paysages tout aussi idylliques. A y voir de plus près, entre les pixels, on se rend compte que le paradis c’est pire que le Vietnam. D’ailleurs, pour une majorité de ceux qui y ont vécu quelques années, ils vous le certifieront, ils en sont aussi éprouvés que trois ans dans la jungle à combattre les Viet-Congs. Dans mon passé de pyrotechnicien – spécialiste des explosifs donc- je me souviens du cours primaire sur le principe même de l’explosion: une combustion presque instantanée. Là où un feu de bois prendrait une heure à se consumer, l’explosion est immédiate. Ben voilà, le paradis c’est ça, une combustion ultra rapide, de tout on pourrait dire. Là où nous (les civilisés ) on se branlerait de savoir par où on doit commencer, ici, l’orgasme est là avant même les préliminaires. La fameuse métamorphose ! On n’a pas le temps de se mettre à quelque chose que celle-ci est déjà finie. On a passé à une autre, pas de début, pas de fin ni de milieu bien sûr, tout se consume instantanément dans un perpétuel changement. Tu rencontres une fille par exemple , tu t’imagines que t’es en train de boire une bière avec elle…mais non , tu as déjà trois enfants , sans le savoir tu es déjà son époux et parfois divorcé avant même d’avoir pu l’embrasser ,la preuve en est que la fille d’à coté – qui a assisté à toute la scène -est déjà en train de te faire de l’oeil et qu’il ne tient qu’à toi – pourquoi pas – de partir avec cette deuxième dans les mêmes conditions qu’avec la première. A la fin de la soirée, tu ne sais bien sûr pas ou plus qui était la première ou la dernière, s’il y a vraiment eut une fille ou si tout simplement tu n’es pas sujet aux hallucinations. Le paradis c’est ça, la métamorphose perpétuelle. Et pour celui qui n’y est pas habitué et/ou ne peut s’adapter, cela donne quelque chose comme le Vietnam !
Et ce restaurateur Canadien qui à la veille de son départ, après dix ans de vie ici m’annonçait: « je les hais tous, ils m’ont bouffé le cerveau ».

Le « Rio », il est frais, mais infesté de petits poissons gourmands. Comme on s’est bâfré de mangues, nos peaux sont toutes enduites de jus sucré, et ces maudites bêtes viennent nous pomper comme des sangsues . Certaines pompent bien mais d’autres vous mordent légèrement. Soyons bon prince, baignons-nous et laissons-nous pomper.
Le rhum, l’eau fraîche c’est bon, mais danser ça n’a pas d’égal. Allons donc à la disco d’à coté, juste à escalader le petit dénivelé qui sépare le plateau du rio. Quelques baigneurs s’y débattent déjà dans leur maillot de bain ruisselant, ils s’y débattent au rythme éternel de la bachata. En plus de l’eau de la baignade, on se met aussi à transpirer, on a l’air malin avec nos airs de merguez sortant du barbecue, ça dégouline de partout. Attention me dit Y, Paula quand elle à un peu bu, c’est une vrai nymphomane, le premier qu’elle a dans ses bras est le premier entre ses cuisses. Que le conseil tienne, je vais d’abord commencer par une bonne « cerveza ». Rien de tel encore que la chaleur et la fraîcheur agrémentées de quelques bulles.
Le paradis, pour en revenir au point de départ, prend souvent l’allure d’un grand asile psychiatrique. Un peu comme les fous qui croient que tous les autres sont fous sauf eux quand tu en rencontres un au hasard et que tu lui demandes: « c’est vrai, tu viens vraiment du paradis ? » il te répond: « les autres oui moi non, comprend-tu j’ai tellement de problèmes, faut que je nourrisse ma famille, le boulot, je bosse comme une bête pour ne rien gagner, j’ai mal aux pieds, j’ai mal à la jambe, ma télévision vient de casser, hier je me suis fâché avec ma femme… ». La liste est tellement longue qu’elle n’en finit jamais. Dans leur grand bonheur les gens du paradis n’ont qu’un rêve, celui d’en sortir, non qu’ils y soient malheureux, mais que dans leur indicible innocence, ils souffrent de cécité de la conscience de leur état. Comme les enfants qui ne rêvent que de devenir de grandes personnes pour aller faire la guerre et travailler comme papa, Ils prennent donc des avions et vont dans les pays civilisés, ils en arrivent alors à la connaissance du bien et du mal et quand tu les rencontres à nouveau, ils t’expliquent sans l’expliquer vraiment que maintenant ils appartiennent à la civilisation. Tu leur demandes d’expliquer la civilisation et ils répondront aussitôt que c’est tout, sauf le paradis.

J’ai pas mes lunettes, mais là, au bout de la piste, j’en vois une qui danse comme une déesse, et ce corps qui se déhanche, ondule et se frotte. J’en reste bouche bée. Et voilà Y. et les autres qui partent à rire tout en regardant dans la même direction. Ce n’est pas la plus jolie danseuse du coin, seulement la plus belle tapette. C’est vrai qu’à y regarder de plus près, elle n’a pas de sein, mais qu’elle importance, devant ce spectacle, il n’y a plus ni homme ni femme, on est tous invités à la caresse et à la copulation. Et je suis prêt moi aussi à changer de bord tellement c’est beau, pour l’espace d’une danse, pour l’espace d’une nuit. Mais le jeune homme est déjà trop accaparé, tous et toutes le réclament, il les tombe les uns et les unes, ils et elles veulent tous l’essayer, sans honte, sans se cacher, il n’y a simplement qu’à profiter et à jouir …j’en suis certain, celui-là il mérite la canonisation.
L’image du lion couché auprès de l’agneau, c’est le tableau le plus répandu que l’on donne du paradis. Mais tu t’imagines quoi ? Que les deux vont passer leurs journées à se faire des yeux de biche. Bande d’hypocrites , vous savez bien ce qui se passe après: les yeux doux , les clins d’oeil , puis les regards invitant ,les regards lubriques et à la fin , plus de lion , plus d’agneau , juste la vénération de la vie, dans sa forme la plus primitive et la plus évoluée , la jouissance mes amis , la jouissance. Tu t’imagines que je veux te fourrer avec quelques idées malsaines ou mal à propos, pour ne pas dire blasphématoires. Mais où est le blasphème, toi de te nier ou moi de nommer les choses par leur nom ? je te l’ai dit , méfie-toi de ceux qui se méfient du paradis , en plus de vouloir faire de toi un négociant en ordures , ils vont te châtrer et le tableau que l’on pourra peindre de toi sera un homme couché sur son lit , le corps contorsionné ,une main à se masturber , l’autre à compter et trier ce qui peut sortir de son anus…l’odyssée 2001.





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